

Le Président de l'internationale Libérale expulsé du Nicaragua
12/11/2009
Le nouveau président de l'Internationale Libérale, membre de l'ADLE au Parlement européen, Hans VAN BAALEN (VVD, Pays-Bas) a été expulsé du Nicaragua par le Président sandiniste Daniel Ortega. Cette mesure n'a toutefois été signifiée à M. Van Baalen qu'après son décollage de Managua pour le Costa Rica.
Après plusieurs semaines de négociations de coulisse, Hans Van Baalen avait conclu un accord de coopération entre les dirigeants des partis d'opposition libéraux au Nicaragua (Bancada Democratica Nicaraguense, Partido Constitucionalista, Alianza Liberal Nicaraguense). Ce "Pacte de Managua" est une percée politique dans la mesure où les partis libéraux nicaraguayens acceptaient de présenter un candidat libéral commun pour les prochaines élections présidentielles. L'opposition libérale est en effet majoritaire au Parlement mais divisée.
Hans Van Baalen avait aussi invité le Président Ortega à respecter la Constitution du Nicaragua, qui interdit d'effectuer plus de deux mandats consécutifs. "0rtega essaye de se soustraire illégalement à l'application de cet article constitutionnel. La violation des droits civiques n'est pas une simple question de politique intérieure dont le reste du monde doit se tenir à l'écart", a souligné M. van Baalen, selon qui la vision de la société par Ortega demeure celle d'avant la chute du mur de Berlin. Il a estimé que Daniel Ortega perdrait le scrutin car le peuple du Nicaragua est dégoûté par la corruption et les violations des Droits de l'homme. Hans Van Baalen a fait ces déclarations lors d'une conférence de presse emballée pendant laquelle il a été menacé verbalement et physiquement par des activistes sandinistes. Nullement impressionné, M. van Baalen a exhorté M. Ortega à ne pas avoir peur de lui "pas plus que moi-même je n'ai peur de vous".
Guy Verhofstadt, président de l'ADLE, a défendu son collègue et dénoncé le comportement antidémocratique du Nicaragua: "L'ordre d'expulsion publié par le gouvernement du Nicaragua est totalement inacceptable. Si Daniel Ortega n'est pas disposé à encourager la liberté d'expression, ni à tolérer la critique, c'est qu'il a un petit problème avec la démocrate et ferait mieux de ne pas se représenter. Hans Van Baalen a tout mon soutien dans son nouveau rôle comme président de l'Internationale Libérale et il est parfaitement en droit d'inviter les forces libérales à s'unir dans leur opposition aux gouvernements antidémocratiques où qu'ils soient et quelque soit le pays."
Annemie NEYTS (Open VLD, Belgique), présidente de l'ELDR, la section européenne de l'Internationale Libérale, a également condamné l'expulsion formelle de son collègue: "La situation se détériore clairement au Nicaragua si le président de l'Internationale libérale en vient à être expulsé pour avoir exprimé une critique du gouvernement. Dans le passé, l'Internationale Libérale avait pourtant pu tenir des réunions publiques au Nicaragua. Je salue les efforts de Hans Van Baalen pour encourager l'unité des libéraux nicaraguayens afin qu'ils incarnent une opposition plus efficace face à ce gouvernement."
Hans Van Baalen poursuit sa tournée américaine au Honduras où il essayera de négocier entre l'actuel Président Michellite et le Président élu déchu Zelaya.