Avant la réunion de l'Eurogroupe de ce soir, qui doit finaliser les termes du nouveau programme d'aide à la Grèce, Guy VERHOFSTADT, président de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe au Parlement européen, a souligné que le plan de la troïka ne traite que les symptômes et non la cause de la crise de la dette grecque:
"La seule chose qui peut être dite concernant l'accord prévu ce soir sur les modalités d'un deuxième programme d'aide à la Grèce, c'est qu'il évite la faillite immédiate et qu'il permet de gagner encore un peu de temps pour que la zone euro convienne enfin d'un plan global. Toutefois, je reste sceptique sur le fait que les États membres aient vraiment tiré les leçons de deux années de tergiversations et de demi-mesures."
"L'ensemble des mesures actuelles, toutes focalisé sur des réductions de salaires et de nouvelles taxes, finisse par dégoûter les Grecs de l'UE sans pour autant convaincre les débiteurs d'Athènes qui accumule rancune et frustration envers la Grèce et sa classe politique. Malgré ces mesures d'austérité, la Grèce devrait encore avoir une dette d'environ 120% du PIB en 2020.
"Maintenant, il faut vraiment s'attaquer aux causes de la crise et pas seulement aux symptômes. Cela signifie une stratégie à deux volets, d'une part la réduction des taux d'intérêt à des niveaux viables sur la dette restante et d'autre part la stimulation de l'économie par le bais d'un plan d'action concertée d'ici à 2020. Un tel plan doit inclure le démantèlement des monopoles d'État et organismes bureaucratiques, la privatisation des banques, la poursuite de la libéralisation du marché dans les nombreux secteurs fortement réglementés de l'économie et la refonte du système fiscal."
"12 États membres viennent d'envoyer une lettre à MM Barroso et Van Rompuy réclamant un programme de croissance pour le Conseil du printemps de la semaine prochaine, afin de concrétiser les 7 pages de conclusions en matière de croissance et d'emploi adoptées lors du dernier Sommet des 27 de l'Union le 30 Janvier dernier. S'il y a un pays qui a davantage besoin d'une stratégie de croissance orientée, c'est la Grèce."
"Si l'Eurogroupe ne s'engage pas en ce sens, cela ne fera que retarder l'inéluctable, qu'ajouter aux malheurs de la Grèce et pourrait éventuellement mettre aussi en péril la stabilité de la zone euro.""L'approche du FMI/Troïka se borne tellement à tenter d'imposer un modèle d'austérité à la Grèce qu'il ignore le problème principal, à savoir l'hypertrophie du secteur publique dans la société grecque, qui pèse sur l'économie privée. Détourner 300 milliards d'euros de régimes complémentaires de retraites ne va pas pour autant assainir les finances de la Grèce."



















