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La reconnaissance du Statut d'économie de marché à la Chine n'est pas à l'ordre du jour"

Les démocrates et libéraux européens déplorent l'engagement pris hier à Pékin par le Président du Conseil européen, Herman van Rompuy, d'ouvrir des discussions sur la reconnaissance du Statut d'économie de marché à la Chine.

15/02/2012

Les démocrates et libéraux européens déplorent l'engagement pris hier à Pékin par le Président du Conseil européen, Herman van Rompuy, d'ouvrir des discussions sur la reconnaissance du Statut d'économie de marché à la Chine.

"Il est désespérant de constater qu'une fois encore, l'UE oublie tous ses principes face à la Chine. Au moment  où on assiste à un formidable regain de répression politique à Pékin, les dirigeants européens n'ont pas un mot de compassion pour ces centaines de dissidents brutalisés et emprisonnés. La Chine est un marché. La Chine a une formidable économie. Mais la Chine n'est pas pour autant une économie de marché. C'est un système économique verrouillé par l'Etat et cadenassé par le Parti Communiste", a déclaré Guy VERHOFSTADT, président de l'ADLE.

"Cette annonce est incompréhensible à plus d'un titre. Le choix du moment tout d'abord. Alors que la Chine s'obstine à empêcher toute action de la communauté internationale en Syrie comme en Iran, il est surprenant que le Président du Conseil choisisse de faire une telle offre. La politique commerciale de l'UE ne peut être ainsi totalement déconnectée de ses impératifs diplomatiques et de ses intérêts économiques. La Chine ne pourra obtenir ce Statut que lorsque les investissements européens en Chine seront sécurisés et que la réciprocité dans l'ouverture des marchés sera garantie", a déclaré Marielle DE SARNEZ (MoDem, France), rapporteur au sein de la commission parlementaire du Commerce international pour les relations commerciales UE-Chine.

"L'objectif poursuivi est contestable. M. van Rompuy quémande en fait une contribution de la Chine au futur Mécanisme européen de stabilité. Il ne parait nullement raisonnable d'intégrer un pays tiers à la monnaie délibérément manipulée dans la gestion de la dette souveraine européenne. En outre, je comprends mal pourquoi l'UE devrait renoncer à ses instruments de défense commerciale à l'encontre de la Chine, ce qui serait la conséquence de la reconnaissance juridique du Statut d'économie de marché à la Chine. Il ne serait en effet plus possible d'engager, ni de maintenir, de procédures anti-dumping", a ajouté Metin KAZAK (Mouvement pour les Droits et la Liberté, Bulgarie), coordinateur de l'ADLE au sein de la commission INTA.

"Le contraste entre le comportement du Président du Conseil européen à Pékin  avec le Premier ministre Wen Jiabao et celui du Président américain à l'égard de Xi Jinping, le futur numéro Un chinois actuellement en visite à Washington, est saisissant. Dans un cas, nous voyons un dirigeant sans mandat brader les intérêts européens et dans l'autre un leader réaffirmant des convictions avant toute autre considération", a conclu Niccolò RINALDI (Italia dei Valori, Italie), membre de la commission INTA.

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