Sophie in 't Veld (D66, Pays-Bas), rapporteur du Parlement européen pour le rapport annuel sur la situation de l'égalité des genres dans l'UE en 2011, se réjouit du résultat du vote aujourd'hui en séance plénière à Strasbourg, exhortant la Commission à proposer une législation, comprenant des quotas d'ici 2012 afin d'augmenter la participation des femmes dans les organes de gestion d'entreprises.
Les mesures afin de lutter contre le manque de femmes aux postes importants, tant dans les affaires que dans la prise de décisions politiques, ont été discutées lors d'un débat animé au Parlement européen cette semaine. Les progrès restent très lents, en dépit de nombreuses politiques de l'UE visant à garantir un meilleur équilibre entre les sexes.
Trop lent, selon Mme in 't Veld. "Après des décennies de stagnation, il est grand temps d'agir. Je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui soit vraiment en faveur des quotas. C'est un mal nécessaire, parce que les mesures volontaires ne mènent nulle part. Les quotas sont un instrument très grossier, et ils ne peuvent avoir d'impact que combinés avec d'autres mesures visant à faciliter et à soutenir davantage de femmes à des postes de haut niveau. Sans mesures visant à stimuler les femmes aux postes de haut niveau, au rythme actuel, il faudra attendre 2040 pour atteindre la parité entre les genres. Tant pour des raisons morales qu'économiques, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser l'énorme potentiel de talents féminins inutilisé."
"Je n'accepte pas l'argument selon lequel les quotas conduisent à des 'femmes alibi' a ajouté Sophie In 't Veld. "Bien sûr, il y a des femmes incompétentes, mais si je regarde l'état actuel de notre économie, vous ne pouvez peut-être pas prétendre que les 97% des hommes chefs d'entreprise ont été sélectionnés sur la seule base du mérite.
"Nous avons besoin d'un instrument afin de briser le plafond de verre. Le plafond de verre n'est pas un mur de briques visibles, mais il se compose de mécanismes très subtils, invisibles, parfois inconscients qui constituent un obstacle à la représentation égale des femmes. Et je voudrais citer Maureen Reagan, qui, il y a plusieurs dizaines d'années, à déclaré : "J'éprouverai un sentiment d'égalité quand nous pourrons élire des femmes aussi incompétentes que certains hommes déjà en place."
Seuls 24% des élus dans les parlements nationaux de l'UE sont des femmes.
Mme Bilbao Barandica (Espagne), porte-parole de l'ADLE sur les femmes dans la prise de décisions politiques estime que, compte tenu de l'importance d'accroître la participation des femmes en politique et ayant les intérêts des femmes représentés, des mesures d'actions positives tels les quotas électoraux devraient être mis en œuvre.
Mme Barandica a déclaré : "Aux pays basques, les quotas ont déjà été introduits en 2005, résultant en une représentation équilibrée de femmes et d'hommes politiques : la représentation des femmes a augmenté de 30 à 53%. Les femmes ont beaucoup à apporter : elles peuvent être différentes, mais elles ne sont pas inégales. L'inégalité des sexes est inefficace et n'a pas sa place dans notre société."
Note aux rédactions:
Le Parlement européen a voté aujourd'hui pour les quotas dans deux rapports sur l'égalité des genres réclamant une action urgente afin d'augmenter la participation féminine à la fois dans les conseils d'administration et dans politique.
Les faits: le pourcentage de femmes dans les conseils d'entreprises cotées de l'UE représente seulement 13,7%. Seuls 3,2% des présidents étaient des femmes en janvier 2012. Ce manque de diversité entre les sexes dans les conseils d'administration est d'ailleurs contre-productif pour les performances des entreprises européennes, pour leur compétitivité et leur croissance économique. Avoir plus de femmes occupant des emplois de haut niveau peut contribuer à une performance plus productive de l'entreprise et à une amélioration globale.






















