Contestant l'autosatisfaction de rigueur dans les capitales nationales, où l'on fait mine de croire que la crise de la zone euro est derrière nous, Guy Verhofstadt, président de l'ADLE, exige que se tienne la semaine prochaine, en session plénière du Parlement européen à Strasbourg, avec les principaux acteurs que sont la Commission européenne, le Conseil et la Banque centrale européenne, un débat de fond sur la réalité de la situation à la lumière des mesures déjà prises.
"Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE peuvent bien répéter à l'envie que le pire de la crise est passé, cela ne résiste pas à l'analyse. Les marchés actions s'effondrent à travers l'Europe et l'Espagne paye le prix fort sur le marché obligataire. En vérité, toutes les mesures prises jusqu'à présent sont marquées du sceau du courtermisme, y compris le fameux pare-feu qui ne pare rien du tout", déclare M. Verhofstadt, en référence aux attaques spéculatives qui viennent de contraindre le gouvernement espagnol à accroître les coupes budgétaires, s'ajoutant à la baisse des dépenses publiques de 27.3 milliards d'euros déjà décidée fin mars pour réduire le déficit.
A la veille du Conseil EcoFin informel, Guy Verhofstadt réitère la nécessité d'instaurer un véritable pare-feu, doté de 2000 milliards d'euros sous forme d'un Fonds d'amortissement de la dette, seul susceptible de convaincre de la détermination de l'Europe à défendre sa monnaie, y compris quand des pays d'importance, comme l'Espagne, sont affaiblis. "Les conséquences des atermoiements de ces derniers mois produisent maintenant leurs effets décevants. Les dirigeants européens doivent désormais s'expliquer sur la détérioration dont nous sommes tous témoins".
"Nous avons constamment répété qu'il fallait des solutions structurelles et de long terme et non chercher à gagner du temps avec des replâtrages de façade. Nous ne sommes pas des Cassandres, mais des réalistes, et les gouvernements des Etats membres seraient bien inspirés de prendre notre avertissement au sérieux", conclu Guy Verhofstadt.














